Historique du musée

Le musée Rayimi, a été  inauguré le 17 juillet 2010 dans la cours du chef d’Issouka à Koudougou. Ceci est le résultat d’un long parcours dont les étapes principaux sont exposés dans ce récit.


En effet, Naaba Saaga 1er de Yisuka, après ses études n’avaient presque rien retrouvé appartenant à son père. Touché dans son amour propre, ce choc se transforme en une révolte mais une révolte positive. Il se lance dans la recherche de sa mémoire perdue. L’appel du ministre de la culture, du tourisme et de la communication pour le rapatriement des fonds documentaires du pays résonne pour lui comme « va en guerre ».

Naaba Saaga 1er de Yisuka, cet assoiffé de la culture (la culture est la battérie de ma vie, nous confiait-il en Mars dernier), trouve le moment opportun d’apporter sa contribution.
Il rencontre de façon fortuitement Claude de Beauminy, le fils du premier commandant de Koudougou (André Chrestien de Beauminy) sous l’ère coloniale lors d’un de ses nombreux déplacements en France. Il réussit à le convaincre, sans grandes difficultés, à lui rétrocéder les photographies faites par son père.

Le premier pas est franchi par Naaba Saaga. C’est le début d’une longue histoire qui accouchera d’un musée. Son nom : Rayimi qui signifie n’oublies pas en langue Mooré. Et ce chef traditionnel refusera l’oubli jusqu’au bout.
Ensuite, il se rend ensuite à Rome chez les pères blancs, missionnaires au Burkina à l’époque. Après moultes discussions, ils acceptèrent eux aussi de rétrocéder les précieuses images des débuts de l’évangélisation. « Les pères blancs ont aussi accepté partager la richesse de leur premier contact avec nos parents », se réjouit le chef de Yisuka, promoteur du musée.

En ce moment précis, Naaba Saaga est un homme comblé. Il peut réaliser enfin son rêve de mettre en place un musée. Ainsi naquit le musée Rayimi de Issouka (Yisuka), celui du premier quartier de Koudougou.
Des travailleurs voltaïques sur les chantiers coloniaux, la fête au village avec les masques, l’histoire de l’empire mossi, l’histoire de l’évangélisation des diocèses de Koudougou et de Réo, le début de l’économie marchande, le bureau du commandant, sa résidence, ou encore les wiss-kamba ou cavaliers rouges ; bref tous les pans de l’histoire de la région du centre-ouest sont représentés dans ce temple de souvenir de 27mètres carré.
Au total, 29 photographies du début du XXe siècle, du temps de l’administration coloniale et de l’arrivée de l’église catholique à Koudougou, de l’accoutrement du premier prêtre de Yisuka sont exposées lors de la cérémonie inaugurale du musée Rayimi le samedi 17 juillet 2010. Toutes les Photos exposées sont de la photothèque des pères blancs de Rome et de André Chrestien de Beauminy dont le fils a tenu à être présent lors de l’inauguration de ce musée. Il affirme d’ailleurs que son père a vécu les moments les plus émouvants de sa vie à Koudougou.

Depuis 2010, le musée s’est enrichi et continue de l’être. Seul un tour vous permettra de voir la réalité actuelle.

Source : Adapté de l’article « Le musée Rayimi ou le refus de l’oubli » du lefaso.net