Le devoir de mémoire

Il était une fois il y a très longtemps et c’était au commencement, dans un pays de l’Ouest africain vivait une jeune fille ravissante, belle, courageuse et téméraire. Elle prenait beaucoup de plaisir àmonter à cheval et  participait à certains combats et razias avec les guerriers de son père qui était un chef très respecte de la zone.

Malgré le grand amour paternel que lui vouait ce dernier, vint un moment ou le désir de liberté d’affirmation de soi et surtout d’amour eurent le dessus sur cette ravissante qui ne comprit pas pourquoi son père refusait de lui trouver un mari, ou encore plus avait tendance à repousser les prétendants.  Pourtant elle éprouvait aussi le désir si naturel d’avoir la douce compagnie, d’aimer,  de pouvoir donner la vie, de vivre et voir grandir enfants et petits-enfants.

 

Ce fut un matin

Ce fut un matin elle partit sans prévenir sur son beau cheval blanc et fort. Elle partit par les près et les monts, elle partit en traversant rivières et brousses.  Le cheval ne prenait du plaisir qu’en allant de l’avant, n’écoutant plus les ordres de sa maitresse qui  commençait à prendre peur de partir vers l’inconnu. 
Ce fut un soir quand tiraille par la soif et la faim le cheval s’immobilisa devant la hutte d’un  certain chasseur. Le contact fut établi malgré les hésitations, les craintes et les méfiances existant dans toute nouvelle rencontre. Ce fut des jours, ce fut  des nuits et le temps fit le reste comme il en a l’habitude et la force en les rapprochant, mieux en les unissant. Le Dieu de la brousse veilla sur cette union et leur donna un fils, robuste fort et plein d’avenir. Au commencement donc était cette jeune fille du nom de Yennega.

Le chasseur se nommait Riale et leur progéniture a été nommée Ouédraogo en hommage à ce cheval blanc couleur de pureté et de paix, auteur de leur  rencontre et de leur union sacrée et pleine de promesses. La tradition nous raconte alors que Ouédraogo fut à l’origine du peuple Mossi. Apres vint Zoungrana fondateur de la royauté qui se poursuivit par Oubri venu lui fonde le royaume de Ouagadougou et Bega fonda par la suite le canton de Lalle et Issouka devint une chefferie au début du siècle.

Voici la légende

Voici la légende, voici l’histoire avec ses réalités et constructions pleines de beauté. Il était donc une fois, il ya très longtemps et c’était au commencement, Comme Adam et Eve voici les premiers géniteurs des Mossi. Le peuple Mossi reste devoir fortement a une femme, et jusqu’à nos jours le cheval reste un symbole pour ces derniers.

Voici la source d’où naquirent les Mossi, leur organisation et occupation du territoire.  Comme l’eau devant laquelle rien ne résiste, ce peuple occupa au fils du temps et des âges ce vaste territoire appelé par la suite l’Empire Moagha.  Cette histoire, cette légende doit absolument être contée à nos enfants afin qu’ils les transmettent aux enfants de leurs enfants.  Comment ne pas saluer Dimdolobsom, et les autres qui ont essayé et ont réussi.  Le devoir de mémoire nous impose de prendre le relais pour écrire et pérenniser ainsi l’histoire de nos aïeuls.
Au commencement donc ce fut une femme et ce fut un certain matin et un certain soir. Depuis, ces femmes et ces hommes sont venus  en conquérants et  colonisateurs sur ces terres autrefois habitées par les Nioyonsés et autres tribus.

Cette histoire

Cette histoire de royaume Mossi sera contée dans ce Site Web, de royaumes en royaumes, de Chefferies en Chefferies comme  Masmen celui d’Issouka dans le Boulkiemde qui est au centre de ce site ; de grandes familles en grandes familles pas uniquement chez les Mossi mais aussi chez les Samos et toutes les autres peuplades de cette partie du monde que Dieu a confié à leurs ancêtres depuis la nuit des temps afin qu’ensemble nous refusons d’oublier.

D’oublier d’où nous venons, d’oublier les sens de nos noms de familles, des noms de nos villages, de nos prénoms donnes par nos grands-parents avec souvent des significations qui nous ramènent à la nature avec laquelle ils ont vécus en symbiose et en harmonie restant convaincus que Dieu ne pouvait que résider dans ce qu’il a lui-même crée qui reste d’une beauté parfaite.

C’est aussi ainsi remplir notre contrat d’un devoir de mémoire….