Histoire d'Issouka

Issouka est le premier quartier de la ville de Koudougou. Fonde autour du  13è siècle. Voici l’histoire conte par les anciens et suivie par les historiens.

 

Deux frères, dont l’aîné se nommait Bassanga, vivaient dans une pleine entente à Piella, un petit village situé au nord du Ghana pas loin de Gambaga. Chacun des deux frères possédait une poule. Un jour le cadet ne trouvant plus la sienne accusa son aîné de l’avoir volée. Une violente dispute éclata entre les deux frères. Les habitants du village prirent le parti du petit frère. Découragé par cette situation, trahi par les siens et par leur manque de confiance, Bassanga décida de  quitter le village. Accompagné de sa femme et de ces enfants, il s’enfonça dans la brousse.

Avant qu’une semaine ne passe, lors d’une fête coutumière, la poule perdue suivi par ses poussins sortit d’un trou dans le tronc d’un baobab situé à côté de la maison. Elle s’était cachée pour couver ses œufs. Consterné par l’injustice que le village à faite à Bassanga, les villageois demandèrent au petit frère de reconnaître son erreur et de partir à la poursuite de Bassanga pour lui demander pardon. 

Les deux frères se retrouvèrent dans la brousse, le cadet présenta ses excuses, celles du village, et demanda à Bassanga de revenir avec lui à Piella. Ce dernier, obstiné, refusa de retourner. Humilié par la méfiance des habitants de Piella, il ne reviendra jamais dans ce village où on l’a traité de menteur et de voleur. Il poursuivit son errance. La route que suivait Bassanga et sa famille était très difficile, jalonnée de fauves, de génies, de gens hostiles, de manque de nourriture et d’eau.

Un jour, alors qu’il subissait la chaleur et la déshydratation, qu’ils étaient sur le point de mourir de soif, Bassanga vit un iguane il le suivit. L’animal le mena jusqu’à une mare, le Bulkiemdé (le grand puits). Tous purent s’abreuver, et reprendre des forces. Bassanga décida d’installer sa famille autour de ce marigot, créa le premier lieu d’habitation de Koudougou, le village d’Issouka et fit de l’iguane un totem pour lui et tous ces descendants. 

 

 

Plus tard, au cours d’une chasse, Bassanga rencontra un autre chasseur qui prétendit être arrivé avant lui sur ce territoire. Après les salutations d’usage les deux chasseurs décidèrent de comparer le toit de leur case pour savoir laquelle est la plus vieille donc construite avant l’autre. Bassanga se rendit chez l’étranger examina la paille du toit puis amena l’autre chasseur devant sa propre case. Les deux hommes regardèrent le toit et Bassanga dit : « Foo né ti mam roôga kudg n yiida foo roogâ », (« Tu vois bien que ma hutte a plus vieillie que la tienne, en d’autres termes, que j’étais là avant toi »). 

 

Après avoir vécu très longtemps et avoir eu beaucoup d’enfants, Bassanga sentit qu’il allait mourir. Il appela un enfant pour qu’il soit témoin de la scène et puisse la raconter à toute la famille. Bassanga s’installa sous un arbre et disparut rapidement. Il se dissout dans la terre comme le sucre fond dans l’eau. Lorsqu’il eut entièrement disparu, que seul le bâton qu’il tenait à la main dépassa du sol, ce dernier se mit à pousser, et devint le baobab sacré qui est l’emblème de Koudougou. 

Lorsque l’on passe à proximité de ce baobab, on croit entendre des abeilles voler. Ce ne sont pas des abeilles mais des petits génies qui veillent sur l’âme de Bassanga qui repose dans le baobab…

 

Venez-vous faire conter l’histoire avec vivacité au palais du Chef d’ Issouka par Patric le conservateur du Musée RAYIMI

 

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