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Femme chef traditionnel

Avr 16 2013

Naaba Saaga 1er de Issouka a voulu humblement contribuer à écrire positivement l’histoire du peuple Moagha le 3 février 2007, en intronisant une femme cheffe traditionnelle : Ainsi l’histoire retiendra que Napoaka Ziiria été la première femme intronisée en bonne et due forme. Elle a la soixantaine. A l’état civil elle répond au nom de Mme Kaboré et est l’épouse de feu M. Yabré Yameogo, originaire de Issouka. Elle est mère de 5 enfants sur 10 maternités et vit depuis plus de 50 années à Issouka le premier quartier de Koudougou. Femme exemplaire et très respectée, humble et sage, elle s’est présentée devant Naaba Saaga 1er accompagnée d’un grand groupe de femmes, avec un panier plein de soumbala, un autre d’arachides et une poule, ce sont ses présents au féminin remis  au chef de Issouka, pour "chercher le naam" celui qui allait lui permettre de régner désormais sur sa zone de règne et sur toutes les femmes de la localité. Pourquoi un tel geste qui semble bousculer les préétablis ?


Dans le paysage de la chefferie traditionnelle et coutumière du pays Moagha la femme a toujours été présente et comme les sociétés  organisées elle garde discrètement sa place, celle de la mère du roi, du Chef… Les griots du reste en chantant les louanges du roi ou du chef évoquent le nom de sa mère en première place dans les citations. Le roi ou le chef ne peut être intronisé que si la mère est la première femme légitime dont le mariage coutumier a été normalement célébré par les anciens. Un enfant illégitime voit le trône s’éloigner de lui quand vient le moment.  Au décès du roi ou du chef c’est souvent une femme en l’occurrence la fille ainée qui occupe le trône vacant pendant l’inter règne pour assurément éviter d’éventuel usurpation du pouvoir par un homme. La reine mère tout en recevant les honneurs peine toujours de voir son fils ainé souffrir dans le dur apprentissage formation qu’un futur responsable de son rang doit subir. Elle doit rigoureusement veiller sur le nouveau-né pour éviter qu’il soit empoisonné ou éliminé par les coépouses toujours jalouses.


Dans la légende du peuple Moagha c’est une femme qui fut au début de la création de cet empire en donnant au monde un fils du nom de Ouédraogo de sa liaison avec un chasseur nommé Riale. Yennega est son nom et elle est aujourd’hui l’emblème du Fespaco  au Burkina. Même au niveau des autres peuples de l’Ouest Burkina une femme nomme Gimbi Ouattara reste une pièce maitresse dans leur histoire. La femme ainsi garde une place prépondérante dans la vie des royaumes d’ici et d’ailleurs. Dans la sous-région nous avons en Côte d’Ivoire la reine Pokou dans leur histoire. En Europe nous voyons la reine d’Angleterre qui unit les Anglais quand les doutes apparaissent. Son règne fut elle symbolique s’étend sur le canada, l’Australie, la Nouvelle Zelande. Le monde moderne avec ses habits de démocrate a commencé à changer en acceptant de hisser des femmes à la tête de leur pays. Nous avons de plus en plus d’élues femmes dans les hémicycles, de ministres femmes, et de présidentes femmes comme au Liberia Ellen Johnson Sirleaf. Aux Etat Unis, Hillary Clinton est aux portes de la maison blanche.


Toutes ces raisons en plus de mes fortes convictions que la femme en dépit de tout ce que l’on peut dire qui du reste n’a pas un solide fondement, doit prendre part à la gouvernance de nos entités respectives. J’ai décidé alors d’introniser une femme. Cela n’a pas été du tout facile. Les habitudes séculaires ont la peau dure et ne se laissent pas bousculer aisément. Mais l’essentiel est de rester fidèle à la ligne sans dérives, dans un respect scrupuleux de la tradition. Ce qui n’a jamais existé n’est pas forcément un interdit. Tout au contraire cela va à l’encontre de ceux qui pensent que la tradition est restée ringarde, qu’elle brime les femmes, en somme qu’elle est rétrograde et bien non et non. Dans la tradition les bonnes mœurs sont plus nombreuses que les mauvaises.Méfions-nous de confondre tradition et instinct égoïste de l’homme. Chez les YAMEOGO d’Issouka l’excision est interdite selon la tradition. Nous devons promouvoir ces traditions positives et montrer à la face du monde les valeurs solides de nos traditions qui ont accompagné la vie de nos ancêtres depuis des millénaires.


Naaba Saaga 1er

Commentaires   

 
-1 #1 François 17-05-2013 18:37
C'est une première et une belle initiative.
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