Articles

Nabasga 2021: La flamme de l’espoir

Aoû 25 2018

Cette année le Na-Baasga de Issouka a été célébré le samedi 30 janvier 2021 avec pour thème : «La flamme de l’espoir». La fête s’est déroulée dans le respect des Mesures barrières de la Covid-19, en présence de Madame Clémentine DABIRE, épouse du Premier Ministre, d’invités, d’amis, de la population de Issouka et de Koudougou.

Instituer dans les siècles passés par Naaba Oubri en souvenir de sa mère, Na-Baasga est une fête traditionnelle qui a lieu à la fin de la saison des récoltes. Destinée à remercier les Ancêtres pour avoir permis une bonne récolte, Na Baasga symbolise l’espoir de voir la prochaine récolte abondante pour que la paix, la santé soient le quotidien des habitants du village. Tenir la flamme de l’espoir, souhait de Naaba Saaga dont voici le texte  intégral du message.

 

Message du Chef Naaba Saaga 1er

Tenir la flamme de l’espoir

Nous avons toutes et tous vécu une année difficile, alors que nous nous la souhaitions ici même douce et heureuse. Nous avons été bien secoués, nos souhaits ont semblé s’envoler car nous avons dû affronter de nombreuses épreuves et des défis multiples. Notre courage a été mis à rude épreuve, notre Foi a été ébranlée, notre confiance blessée et notre espérance fragilisée.

La peur a gagné nos cœurs et nos rangs. La maladie nous a éprouvés et la mort a emporté des amis et des êtres chers.  C’est bien le lot de chaque année mais en 2020 le COVID19 est venu se joindre à l’insécurité.  Ces deux maux ont entrainé désarroi et souffrance dans nos familles, nos écoles, nos centres de santé, et notre pays.

 Nos relations sociales se sont détériorées, l’économie a enregistré un ralentissement. Nous pourrions égrener une litanie d’évènements négatifs qui ont jalonné notre route durant cette période. De plus d’autres défis se sont imposés à nous. Les démocraties choix modernes de nombreux dirigeants dont ceux de notre pays ont été traversées par leurs corolaires d’instabilité et de violence.

Nous avons connu les craintes, nous avons vécu avec des appréhensions car nous sommes dans un monde où tout est possible. Nous craignons pour nos enfants, nos femmes et nos familles. Nous craignons pour nos personnes âgées. Nous pouvons dire que nous avons dû faire face à de véritables défis. Voilà une année qui fut bien difficile. L’espoir était caché par de sombres nuages.

Certes la route, vers des jours heureux sur ces eaux agitées est encore longue mais nous avons pourtant marché. Nous avons tenu bon, nous avons cru en nous, à notre ressort intérieur. Notre courage et notre grande détermination nous ont conduits jusqu’à l’autre rive sans que notre barque et nos pagaies ne se perdent au milieu de ces eaux troubles et menaçantes.

Alors nous avons repris confiance en nos ancêtres qui ont traversé des moments aussi difficiles et même plus, à travers les grandes épidémies, les grandes famines, et les grandes guerres. Ils ne nous ont pas oubliés et ne nous oublieront jamais. Nous sommes aujourd’hui les héritiers de ces vaillantes âmes qui sont à nos côtés jour et nuit où que nous soyons.

C’est bien en leur mémoire que tous ici réunis, que nous célébrons le Na-Baasga qui signifie simplement, mémoire rendue à nos devanciers. Nous voulons les remercier et solliciter leur accompagnement pour cette nouvelle année que nous voulons bonne et heureuse pour chacune et chacun de nous.  Avant tout, nous avons le grand devoir, de saluer hautement sa Majesté le Moogho Naaba BAONGO, le chef suprême des Mosse. Nous saluons tous ses Ministres.

Les chefs ici présents de SONGNAAM et tous les chefs venus d’ailleurs pour honorer Issouka le quartier fondateur de cette belle ville de Koudougou. Puisent- ils agréer notre gratitude. Nous leur faisons la promesse de notre parfaite solidarité pour la recherche de la vérité et de la paix dans la ville de Koudougou.  Avec un plaisir et un respect tout particulier nous saluons les autorités de notre ville et de notre pays pour leur présence.

Issouka vous salue. Koudougou vous remercie. A vous les amis présents à cette cérémonie par le désir de mieux comprendre un pan de la culture du pays que vous servez nous vous remercions pour votre présence, témoignage d’une amitié que nous apprécions. A celles et ceux empêchés, acceptez notre fraternelle affection. Que les ancêtres dans leur doux repos sur les rives du Boulkiemdé vous protègent tout au long de cette journée et le reste de l’année. C’est le vœu que nous formulons à votre intention ce matin.

Le thème de notre célébration de cette année est : Tenir haut la flamme de l’espoir.  Nous vous invitons à lever votre regard sur le haut du Palais de Maasmè. Une femme, la mère de l’humanité tient une flamme, c’est la flamme de l’espoir. La femme se nomme Koudbi et fut la mère du chef qui se tient humblement devant vous.

Elle représente toutes ces femmes du monde, vos mères, Braves, combattantes, déterminées et compatissantes. Cette lumière nous éclairera au moment de prendre des décisions pour le bien de toutes et tous. Cette lumière doit à tout moment nous indiquer le chemin de la vérité et nous détourner du mensonge et des promesses non tenues, qui nous rattrapent toujours.

Cette lumière qui a pu en une certaine manière éclairer nos routes doit nous rappeler à chaque instant que nous ne sommes pas seuls. La lumière éternelle brillera, réchauffera nos cœurs blessés.  Cette lumière doit nous guider afin que tout ce que nous ferons soit édifiant et vise la perfection. Nos actions éclairées doivent être exemplaires à la recherche permanente de la paix dans la cité, dans le pays et dans le monde.

Nous devons nous tourner chaque matin vers cette lumière pour chercher les vraies solutions aux problèmes de la population de notre ville Koudougou, de notre pays le Burkina Faso, de notre continent l’Afrique et de l’ensemble de notre monde qui reste un village planétaire. Nous ferons alors l’admiration et le respect des gens de tous milieux sur tous les continents.

Ce ne sont pas des rêves d’enfants. C’est bien du possible et c’est la seule voie qui donnera un sens intemporel à notre petite vie. La flamme de M’Ma Koudbi nous éclairera dans la lutte contre la maladie à corona virus qui ébranle le monde entier.

Elle nous éclairera afin que nous puissions et acceptions radicalement de changer nos comportements elle nous protégera et tous les autres avec nous. Personne ne doit mourir par notre faute. Mettons tout en œuvre pour que nos vies puissent servir à développer la famille humaine. La flamme de l’espoir nous aidera aussi pour guider nos pas dans la lutte contre l’insécurité qui endeuille encore notre population.

Nous devons garder l’espoir, cet espoir actif, cet espoir fort et vivant qui nous permettra de repousser la peur, le fatalisme, le repli sur soi, l’égoïsme, la foi béate. Ce Na-Baasga doit être un nouveau départ pour porter haut la flamme de l’espoir.

Nous pouvons transformer ce monde blessé en un monde juste et réconcilié, si nous sommes assez courageux pour maintenir la flamme, si nous sommes assez valeureux pour être nous-même cette flamme.  Et pour que l’avenir soit à la mesure de toutes nos espérances, aidons dame Koudbi à lever très haut la flamme de l’espoir.

Que les Mânes des ancêtres intercèdent auprès du Dieu unique afin qu’Il nous bénisse, bénisse Koudougou et notre Burkina Faso.

 

Naaba Saaga1er de Issouka (Koudougou)

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Facebook.:Naaba Saaga1er

www.rayimi.org

 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir