Le président de l’université de Koudougou vient dire merci à sa Majesté

Le nouveau président de l’université de koudougou, professeur George Sawadogo, a été reçu en audience le samedi 29  juin 2013 par le chef d’Issouka sa Majesté NaabaSaaga 1er dans son palais royal. A l’issue de la visite GeorgesSawadogo était visiblement satisfait des échanges car des conseils il en a reçus.

‘’Depuis ma prise de fonction, il me fallait rendre une visite de courtoisie à sa Majesté et lui dire merci pour son implication dans la résolution des différences crises de l’université de Koudougou. Nous lui avons demandé de se tenir prêt au cas où dans les moments difficiles on lui ferait encore appel. Nous avons toujours besoin de ses conseils de sagesse pourconduire l’université de Koudougou vers des résultats excellents’’ a affirmé le président de l’université à l’issue de son audience. 

Le chef d’Issouka s’est dit disposé à accompagner cette grande école. Pour qui connait le chef dans son franc parlé, nul doute qu’il a demandé au premier responsable de l’université de Koudougou d’écouter beaucoup les acteurs de cette structure et de privilégier le dialogue. Car généralement chez nous en Afrique les décisions sont prises d’une manière autoritaire entre quatre murs et quand ça chauffe ce sont les autorités traditionnelles et coutumières qui sont appelées en ‘’sapeurs pompier’’. 

Des conseils GeorgesSawadogoreconnait en avoir reçus. ‘’ Il nous a conseillé la prudence, la modestie, l’humilité. Il nous a vraiment aidés dans notre façon même de voir la gouvernance et à réorienter un certain nombre de choses dans la gouvernance des jeunesses. Nous sommes dans une gouvernance dite moderne, eux dans celle dite traditionnelle. Mais je crois que la gouvernance moderne a intérêt à s’inspirer de ce qui se fait dans la tradition pour conduire les sociétés. Je peux affirmer que ses conseils ne sont pas tombés dans l’oreille d’un sourd’’ a précisé le professeur George Sawadogo. I

Il a rappelé à sa Majesté qu’il se considère lui-même comme un fils du quartier d’Issouka : ‘’J’ai fait mes études secondaires ici à Issouka au petit séminaire de Koudougou depuis les années 1975. De retour de mes études de Paris en France, mon premier poste en tant que enseignant chercheur en 1996 c’est à Koudougou toujours au quartier Issouka.’’

Le professeur Sawadogo a salué le rôle combien noble de la chefferie traditionnelle dans la gouvernancede notre société. « Je pense que ce sont des ressources que nous ne pouvons pas balayer, ailleurs,  on nous jalouse puisque on vient prendre certaines stratégies de notre gouvernance traditionnelle pour améliorer celle dite moderne » a conclu l’hôte de la cours royale. 

Après son audience, le président de l’université de Koudougou a visité le palais en construction, le musée et bien d’autres souvenirs de l’histoire de Koudougou et de notre pays.

Le service de la communication

 

Discours de Zoungrana Mardiya

Discours de Zoungrana Mardiya, élèce de CM1Mesdames, Messieurs,

Avec l’autorisation de mes enseignants et enseignantes, je prends la parole, au nom de mes camarades élèves pour vous souhaiter la bienvenus et vous témoigner toute notre gratitude.
Comme le disait quelqu’un : “la culture est ce qui nous reste lorsqu’on a tout perdu’’, cela traduit l’importance de cette cérémonie pour saluer et magnifier la mémoire d’un de nos ancêtres majestueusement dressé devant nous.
Sans risque de nous tromper, l’on peut affirmer que tout hommes qui se veut digne, doit être fier de ses origines et de sa culture.


Pendant que nous pouvons relater avec aisance l’histoire de la première guerre mondiale, dire en quelle année Christophe Colomb a découvert l’Amérique, exécuter des pas de danse d’ailleurs etc…, nous ne sommes pas capables de dire avec exactitude l’ordre de succession de nos grands pères et exécuter des pas de danses de nos terroirs. Tout simplement parce que l’on a voulu ressembler à l’homme blanc.


Chefs coutumiers, majesté Naaba Saaga 1er, vous avez fait œuvre utile et nous les tous petits nous vous disons merci pour cette initiative à la valorisation de notre culture.
Notre cri d’alarme à l’endroit de nos autorités est de voir l’école Centre Filles clôturée pour protéger ce monument qui est et demeure désormais un patrimoine de la commune, sans oublier nos tables bancs des années 1963.
Ancêtre Bassanga, protège notre école ! 

Je vous remercie.

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Discours de Zoungrana Mardiya
Elève de CM 1, représentante des élèves de l’école Centre Filles de Koudougou.
lors de la cérémonie d'inauguration du monument de Bassanga, l'ancêtre d'Issouka
Koudougou, le 9 mars 2013

Femme chef traditionnel

Naaba Saaga 1er de Issouka a voulu humblement contribuer à écrire positivement l’histoire du peuple Moagha le 3 février 2007, en intronisant une femme cheffe traditionnelle : Ainsi l’histoire retiendra que Napoaka Ziiria été la première femme intronisée en bonne et due forme. Elle a la soixantaine. A l’état civil elle répond au nom de Mme Kaboré et est l’épouse de feu M. Yabré Yameogo, originaire de Issouka. Elle est mère de 5 enfants sur 10 maternités et vit depuis plus de 50 années à Issouka le premier quartier de Koudougou. Femme exemplaire et très respectée, humble et sage, elle s’est présentée devant Naaba Saaga 1er accompagnée d’un grand groupe de femmes, avec un panier plein de soumbala, un autre d’arachides et une poule, ce sont ses présents au féminin remis  au chef de Issouka, pour "chercher le naam" celui qui allait lui permettre de régner désormais sur sa zone de règne et sur toutes les femmes de la localité. Pourquoi un tel geste qui semble bousculer les préétablis ?


Dans le paysage de la chefferie traditionnelle et coutumière du pays Moagha la femme a toujours été présente et comme les sociétés  organisées elle garde discrètement sa place, celle de la mère du roi, du Chef… Les griots du reste en chantant les louanges du roi ou du chef évoquent le nom de sa mère en première place dans les citations. Le roi ou le chef ne peut être intronisé que si la mère est la première femme légitime dont le mariage coutumier a été normalement célébré par les anciens. Un enfant illégitime voit le trône s’éloigner de lui quand vient le moment.  Au décès du roi ou du chef c’est souvent une femme en l’occurrence la fille ainée qui occupe le trône vacant pendant l’inter règne pour assurément éviter d’éventuel usurpation du pouvoir par un homme. La reine mère tout en recevant les honneurs peine toujours de voir son fils ainé souffrir dans le dur apprentissage formation qu’un futur responsable de son rang doit subir. Elle doit rigoureusement veiller sur le nouveau-né pour éviter qu’il soit empoisonné ou éliminé par les coépouses toujours jalouses.


Dans la légende du peuple Moagha c’est une femme qui fut au début de la création de cet empire en donnant au monde un fils du nom de Ouédraogo de sa liaison avec un chasseur nommé Riale. Yennega est son nom et elle est aujourd’hui l’emblème du Fespaco  au Burkina. Même au niveau des autres peuples de l’Ouest Burkina une femme nomme Gimbi Ouattara reste une pièce maitresse dans leur histoire. La femme ainsi garde une place prépondérante dans la vie des royaumes d’ici et d’ailleurs. Dans la sous-région nous avons en Côte d’Ivoire la reine Pokou dans leur histoire. En Europe nous voyons la reine d’Angleterre qui unit les Anglais quand les doutes apparaissent. Son règne fut elle symbolique s’étend sur le canada, l’Australie, la Nouvelle Zelande. Le monde moderne avec ses habits de démocrate a commencé à changer en acceptant de hisser des femmes à la tête de leur pays. Nous avons de plus en plus d’élues femmes dans les hémicycles, de ministres femmes, et de présidentes femmes comme au Liberia Ellen Johnson Sirleaf. Aux Etat Unis, Hillary Clinton est aux portes de la maison blanche.


Toutes ces raisons en plus de mes fortes convictions que la femme en dépit de tout ce que l’on peut dire qui du reste n’a pas un solide fondement, doit prendre part à la gouvernance de nos entités respectives. J’ai décidé alors d’introniser une femme. Cela n’a pas été du tout facile. Les habitudes séculaires ont la peau dure et ne se laissent pas bousculer aisément. Mais l’essentiel est de rester fidèle à la ligne sans dérives, dans un respect scrupuleux de la tradition. Ce qui n’a jamais existé n’est pas forcément un interdit. Tout au contraire cela va à l’encontre de ceux qui pensent que la tradition est restée ringarde, qu’elle brime les femmes, en somme qu’elle est rétrograde et bien non et non. Dans la tradition les bonnes mœurs sont plus nombreuses que les mauvaises.Méfions-nous de confondre tradition et instinct égoïste de l’homme. Chez les YAMEOGO d’Issouka l’excision est interdite selon la tradition. Nous devons promouvoir ces traditions positives et montrer à la face du monde les valeurs solides de nos traditions qui ont accompagné la vie de nos ancêtres depuis des millénaires.


Naaba Saaga 1er