Le premier ministre reçu au palais de Issouka

Le premier ministre Luc Adolphe Tiao a été reçu le lundi 5 décembre dernier, au Palais de Issouka. Après avoir visité le domaine de Masmen composé du Palais, de  la Place Naaba Boulga, et du musée, il a adressé des messages de félicitations et d’encouragements au chef de Issouka et à ses sujets.

Il était environ 9h le lundi 5 décembre dernier, lorsque le premier ministre du Burkina Faso, Luc Adolphe Tiao, a foulé le sol de Masmen. A la tête d’une délégation de trois personnes, il a été reçu très traditionnellement à la salle d’audiences par le chef de Issouka, le Naaba Saga premier qui était entouré des ses chefs de zone et des chefs de Burkina et de  Lodogomdogo. Après avoir bu le Zoom Koom, l’eau traditionnelle, et après un petit entretien, sous le guide de Naaba Sage 1er, le premier ministre a visité l’espace Naaba Boulgou, le jardin et le musée.

Une visite qui honore grandement le Naaba Saga 1er qui, après avoir donné toutes ses bénédictions à son hôte du jour,  a transmit la disponibilité de la chefferie d’Issouka pour aider le gouvernement dans ses efforts de recherche de paix, de justice, et de vérité. Il a, comme le veut la tradition, remis un coq blanc au premier ministre à la fin de sa visite. Un don qui signifie la pureté, la paix et la sincérité selon Naaba Saaga 1er.

Emu par l’accueil et par ce qu’il a pu voir dans le domaine de Masmen, Luc Adolphe Tiao a traduit ses encouragements et ses félicitations au chef en ces termes : « Tout l’honneur a été pour moi d’être reçu par son excellence Naaba Saga de Issouka. Je lui rends un hommage bien mérité d’avoir contribué à restaurer et conserver la paix sociale dans le Boulkiemdé. Je lui adresse toutes mes félicitations pour ces idées géniales de valorisation de la culture traditionnelle, d’avoir introduit des valeurs modernes dans la chefferie moaga en lui donnant encore plus de visibilité.

Au nom du gouvernement, je lui renouvelle tous nos remerciements et notre soutien pour toutes ces actions » ; tel ont été les propos du premier ministre Luc Adophe Tiao dans le livre d’or de la chefferie de Issouka lors de sa visite le 5 décembre dernier.
Nous vous rappelons que les portes du Palais sont grandement ouvertes au public. Toute personne qui veut le visiter sera la bienvenue.

Le Palais du chef

C’est la première composante de Masmen. Il comporte trois pièces dont le couloir de la paix qui est un couloir voulu par le Naaba Saaga 1er pour apaiser les cœurs de tous ceux qui y entrent.

En plus de ce couloir, on y trouve la salle d’audiences. Une salle très traditionnelle dans laquelle le chef reçoit ses visiteurs et dans laquelle il ne communique que dans la langue de ses ancêtres.

Les paroles du chef sont interprétées pour ses hôtes.  La salle des rois est la dernière composante du palais de Issouka. Comme son nom l’indique, c’est une salle dans laquelle on trouve les photos des cinq rois du Burkina à savoir celles de Ouahigouya, de Tenkodogo, de Fada Ngourma, de Boussouma et de Ouagadougou.

Dans cette salle, le chef compte y mettre une photo du roi des peuhl qui est son parent à plaisanterie dans le but de perpétuer la tradition. Outre ces trois pièces, dans le palais, on y trouve un bureau et une bibliothèque.

Message du Chef d’Issouka au Nabaasga de 2012

Message livré en sa 7ème année de règne sous le thème, Citoyenneté et Paix !

Je vous salue toutes et tous cordialement : au nom de Naaba Sanem Chef de la Province de Lallé, au nom du MooghoNaabaBaongho Empereur des Mossé, de ses Ministres et enfin au nom du Collège des chefs traditionnels de Koudougou et de toute la famille YAMEOGO d’Issouka. Je désire aussi adresser mes salutations respectueuses aux éminentes personnalités, à Monsieur le Gouverneur de la Région du Centre Ouest, aux Autorités régionales, provinciales et Communales. Un salut tout traditionnel et particulier à nos amis diplomates et aux délégations des diverses localités du pays  et toutes les vaillantes populations du Centre Ouest venues vivre avec nous ces moments forts de notre tradition : Le Nabaasga. Je salue enfin de façon particulière les jeunes, assoiffés de savoir,  venus s’abreuver à la source de la culture aujourd’hui sur les rives du Boulkiemde.

La marche de notre monde et les événements qui nous arrivent de partout orientent forcement notre message sur cette quête éternelle de l’homme depuis que le monde est monde : la Paix. Notre message aujourd’hui, qui puise dans le substrat de nos croyances traditionnelles et révélées, de nos grandes Institutions Internationales comme l’ONU, veut promouvoir la paix pour l’homme, par une seule arme : le dialogue. Chaque fois que le fil du dialogue s’est rompu, les conflits sont nés avec des conséquences tragiques pour les peuples.

Pourtant, malgré les blessures et les meurtrissures, malgré les drames profonds, malgré les divisions et les fossés creusés, malgré les haines enfouies dans les cœurs,les différents protagonistes que sont les hommes sont toujours obligés de s’assoir autour d’une table pour négocier. Malheureusement et souvent, ce qui devrait être le premier geste fini par être le dernier, mais trop tard parfois car les orphelins ne pourront jamais acheter un papa ou une maman.  Les papas et mamans endeuillés ne pourront non plus hélas acheter un enfant mort dans toute son innocence. Les séquelles et stigmates au plan psychologiques sont difficiles à cicatriser, les cœurs brisés et meurtris le reste généralement à vie.

Pour éviter de telles situations, désastreuses pour tous, j’en appelle au sens de la responsabilité citoyenne de toutes et de tous. Il revient à tous de garder permanemment à l’esprit que, l’orsque la responsabilité citoyenne s’effrite, c’est la paix sociale qui prend un coup sérieux. il faut que le citoyen ait la pleine conscience des responsabilités qui lui incombent.

C’est pourquoi, la première contribution que la Chefferie traditionnelle  veut et peut offrir est d’œuvrer au développement de l’homme et des peuples  qui ne se concrétise pas en moyens matériels ou en solutions techniques, mais en transmission de valeurs qui éduquent les consciences et enseignent l’authentique dignité de la personne et du travail, par la promotion  d’une culture qui réponde vraiment à toutes les interrogations de l’homme.

Nous constatons aujourd’hui que la première pauvreté des jeunes, des femmes et des hommes est la méconnaissance de leur culture. C’est notre devoir de travailler à leur faire découvrir notre culture si riche, si forte depuis des millénaires. Nous devons contribuer aux côtés de l’Etat et des autres parties prenantes à un développement intégral de tout l’homme et de tous les hommes à travers ces cérémonies que nous ont léguées nos ancêtres. Moments de remerciements pour les bienfaits reçus et d’enseignements pour une conduite exemplaire dans la vie.

Le Chef traditionnel que je suis a le sacré devoir historique de vous rappeler à temps et à contretemps nos devoirs communs dans le vivre ensemble. Nous assistons à une crise de la civilisation humaine. Les uns n’écoutent pas assez, les autres demandent trop et tout de suite. Nous devons travailler à devenir toutes et tous des modèles de femmes et d’hommes de paix, capables d’impacter positivement notre environnement pour éviter à notre peuple les drames que les autres ont connus et qui ont constitué un frein à leur développement.

Nos ancêtres nous ont appris à dialoguer et à négocier quand cela ce devait. Ils étaient tous des intrépides combattants de la liberté. Sachons mériter cet héritage en devenant à notre tour, ce que nos enfants et nos ainés attendent de nous, à savoir que nous nous comportions en ardents défenseurs de la paix. Personne ne peut, personne ne doit se soustraire à cet appel.

Chaque enfant de cette belle région est membre à part entière de la grande famille burkinabè et tout ce que vous faites, engage le pays dans son ensemble. Nous descendons de femmes et d’hommes qui ont toujours considéré que Dieu a posé le travail pour sentinelle de la vertu. Je crois en vos immenses ressources qui vont nous aider à gagner efficacement cette noble et pacifique croisade pour le développement. Mais pour vaincre cette pauvreté,  il faut que, dès aujourd’hui, chaque fille et fils livre la bataille intérieure pour pacifier son esprit. Notre histoire commune nous enseigne que la Culture de la paix est un des grands traits de notre héritage global. L’entente, le dialogue et la tolérance étant les filles naturelles. Les fautes sont grandes quand l’amour est petit. Car là où l’on aime et où on  est juste, il ne fait jamais nuit.

Je m’adresse à vous aujourd’hui de manière solennelle en portant la voix de nos ancêtres. On dit que chaque parole qu’on prononce est un chemin qu’on trace. Elle devient un phare lorsqu’elle rend meilleurs les hommes qu’on sera demain. Mon adresse ici est soutenue et portée par nos ancêtres qui reposent sur les  rives du Boulkiemdé, au bord desquelles cette belle ville a pris naissance il y a tant d’années.  Car comme dit l’adage ‘Tant que les lions n’auront pas leurs propres historiens, les histoires de chasse continueront de donner le beau rôle au chasseur’.

A vous tous, gestionnaires du bien commun, la famille fait une authentique expérience de paix quand chacun de ses membres est assuré d’avoir le nécessaire et quand le patrimoine familial, fruit du travail de certains, de l’épargne d’autres et de l’active collaboration de tous est bien géré, dans la solidarité, sans excès ni gaspillage, dans le développement d’une culture juridique  qui défende les droits de chacun, en particulier des plus faibles, dans la  famille humaine.

Prenons ici l’engagement de faire désormais la guerre à la guerre en observant ces principes de bases, réchauffons nous à la douce lumière de l’amour afin qu’un soleil nouveau nous arrose de rayons de l’espérance car nous avons un destin commun. Ensemble, nous avons aussi un défi commun : marquer notre passage sur la terre positivement et de manière indélébile. Pour cela, négocions toujours ! N’ayons jamais peur de négocier mais ne négocions jamais avec peur. Si nos idées sont bonnes, elles sont éternelles. Défendons-les.

Population du Centre –Ouest, et particulièrement celle du Boulkiemdé, le Burkina Faso nous regarde en cette année 2012. Il viendra célébrer le souvenir de son indépendance ici à Koudougou chez nous,  Indépendance proclamée par un de nos vaillants fils, Maurice YAMEOGO il y a cinquante-deux ans de cela. Son nom restera dans l’histoire pour l’éternité. En sa mémoire, montrons à toutes et à tous que nous sommes de vrais ‘Bourkinbi’, un peuple intègre, sérieux, travailleur, accueillant, discipliné et respectueux.

Je vous  invite toujours au dialogue, à la prudence, à la responsabilité. N’ayez pas peur, ne vous sous-estimez pas. Nous pouvons être sûrs que nos ancêtres qui se tiennent aux côtés de Dieu le Créateur et à nos côtés  nous bénissent  maintenant. Ils nous donneront toutes les forces nécessaires pour entamer une saison pluvieuse plus généreuse. Oui, puissiez-vous, Bassenga notre ancêtre et les mânes, nous protéger, et nous accompagner en tout temps et en tout lieu.   Merci à toutes et à tous

NaabaSaaga 1er d’Issouka

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