L’Ambassadeur de la Belgique et son épouse découvre les trésors du passé à d'Issouka

L'Ambassadeur du Royaume de Belgique , Son Excellence, Lieven de la Marche accompagné de son épouse, était au Palais de Maasmè, de Issouka à Koudougou le mercredi 13 juillet 2016. Audience avec Naaba Saaga1er, visite du musée Rayimi et échanges avec des acteurs du développement ont ponctués cette visite.

Monsieur Lieven De La Marche connaît bien la ville de Koudougou pour y avoir déjà résidé quelques années auparavant, comme animateur de projet visant à améliorer le rendement agricole dans la région du Centre-Ouest, il avait apporté ainsi son expertise à cette initiative dans le cadre de la Coopération Belge.  Il revient quelques années plus tard en qualité d’Ambassadeur de son pays : La Belgique 

Nous sommes venus à Koudougou pour différentes raisons. Nous avons d’abord rencontré une communauté de jeunes belges qui se trouve ici pour un reboisement  avec les jeunes burkinabé. Aussi  nous avons saisi l’occasion pour visiter quelques projets financés par notre pays la Belgique. Nous avons voulu saisir cette opportunité pour venir  visiter le Site de Maasmè composé du Palais, du Musée Rayimi et de la Place Naaba Boulgo et de m’imprégner de la tradition et de la culture de cette ville du  Burkina Faso : de Koudougou. Une tradition qu’il est important de préserver absolument. Lieven De La Marche s'est dit très impressionné par tout ce qui lui a été donné d'observer à Maasmè surtout venant d'une initiative privée. "Je pense que c’est très important de préserver la tradition du Burkina Faso de Koudougou et d’Issouka. 

Je ne peux que saluer son effort et j’espère que ça va s’élargir et continuer dans le futur. C’est un facteur important surtout que c’est une chefferie qui sait s'adapter au monde du moment tout en conservant les valeurs des ancêtres. Cette initiative de Musée essaie de compléter ce qui existe au niveau de l’Etat et aide assurément au développement de la ville de Koudougou. Le Chef aidé par d’autres, travaille aussi à la réconciliation des personnes ou des groupes sociaux aux intérêts divergents. Surtout que cela se fait lorsque les autorités n'y arrivent pas. J'estime que c’est très important cette façon d'appuyer le développement local pour le bien être des communautés" a renchéri l'hôte de Issouka. 

A propos de la force de la chefferie traditionnelle au Burkina Faso l'Ambasseur croit que ce sont des valeurs que l’on a perdues dans les pays européens même si certains comme la Belgique a aussi des façons locales de gérer les choses. Pour lui l’action de la Chefferie d’Issouka  reste un exemple sur lequel d’autres pays peuvent s’en inspirer et pourquoi pas le Royaume de Belgique ?


Notons que le chef d'Issouka Naaba Saaga 1er a associé les directeurs régionaux de la culture, de l'action sociale et de la banque de sang à la séance d'échange. "Notre objectif en associant ces directeurs, c'est de voir si la Belgique directement ou indirectement peut porter des initiatives de ces structures pour aider à améliorer le bien-être des populations de la ville de Koudougou" a soutenu le locataire du palais d'Issouka qui entend désormais offrir ces opportunités aux responsables locales qui pourront à chaque fois présenter des projets aux illustres visiteurs du Musée RAYIMI. Son Excellence a planté avec le Chef un Manguier qui portera de bons fruits et restera ainsi le souvenir visible de cette importante visite pour les jeunes générations.

 

                                                                                Sabouna OUEDRAOGO

                                                                                   Communication Chefferie

 

Un trophée d’honneur à Naaba Saaga 1er

Le Bureau burkinabè du droit d’auteur a remis un trophée au chef d’Issouka Naaba Saaga 1er le samedi 27 octobre dernier à son palais à Koudougou. Un acte de reconnaissance pour ses efforts dans la promotion de culture.

Toute l’équipe du bureau burkinabè du droit d’auteur (BBDA) conduite par son directeur général Wahabou Bara s’est rendue au palais  du chef d’Issouka à Koudougou pour remettre un trophée au propriétaire des lieux, Naaba Saaga 1er.  Pour Wahabou Bara, le BBDA mène un combat pour rehausser les recettes dont la finalité est d’aider les artistes à vivre décemment. ‘’ Sur le continent africain, les droits d’auteur constitue en termes de collecte moins de 1% des recettes mondiales. L’une des causes principale de cette faible collecte est liée à la faible culture du droit d’auteur’’ rappelle le directeur général de BBDA.  Selon lui, ce trophée est une reconnaissance à Naaba Saaga 1er pour ses  efforts  en faveur de la valorisation de la culture. ‘’Le musée Rayimi d’Issouka constitue un tremplin pour la diffusion des œuvres d’art. Au-delà de l’aspect historique que constitue ce palais et son musée, ces lieux sont un vecteur de diffusion des œuvres d’art et pour tous ces efforts consentis, nous pensons qu’il fallait décerner un trophée à sa majesté le chef d’Issouka pour l’encourager dans cette dynamique’’, explique Wahabou Bara.

Du droit d’auteur, Naaba Saaga 1er dit en savoir quelque chose. ‘’ Nous avons toujours eu des griots à nos côtés. Ces derniers ont toujours été rémunérés soit par nous-même ou par d’autres personnes. Ça, ce sont les droits d’auteur tout traditionnels. Nous avons d’une conscience élevée de ce que vous faites pour améliorer le bien-être de ces acteurs, a affirmé le chef d’Issouka qui s’est réjoui de cette distinction honorifique. Il a invité les acteurs à explorer cette approche traditionnelle qui être une solution à la question des paiements des droits d’auteur par les consommateurs. ‘’Vous avez eu l’intelligence de revenir à la tradition. Avant l’arrivée des blancs et aux lois modernes, nous avions nos approches dans ce sens. Si vous revenez à la source,  à vos racines à la tradition, il est certain que vous dénicherez d’autres éléments et méthodes qui vont vous enrichir et vous permettre d’atteindre vos objectifs, a soutenu le chef d’Issouka Naaba Saaga 1er qui s’est dit disposé à accompagner le BBDA dans cette sensibilisation pour la culture du droit d’auteur.

 

 

Sabouna OUEDRAOGO

Communication chefferie d’Issouka

 

Histoire d'Issouka

Issouka est le premier quartier de la ville de Koudougou. Fonde autour du  13è siècle. Voici l’histoire conte par les anciens et suivie par les historiens.

 

Deux frères, dont l’aîné se nommait Bassanga, vivaient dans une pleine entente à Piella, un petit village situé au nord du Ghana pas loin de Gambaga. Chacun des deux frères possédait une poule. Un jour le cadet ne trouvant plus la sienne accusa son aîné de l’avoir volée. Une violente dispute éclata entre les deux frères. Les habitants du village prirent le parti du petit frère. Découragé par cette situation, trahi par les siens et par leur manque de confiance, Bassanga décida de  quitter le village. Accompagné de sa femme et de ces enfants, il s’enfonça dans la brousse.

Avant qu’une semaine ne passe, lors d’une fête coutumière, la poule perdue suivi par ses poussins sortit d’un trou dans le tronc d’un baobab situé à côté de la maison. Elle s’était cachée pour couver ses œufs. Consterné par l’injustice que le village à faite à Bassanga, les villageois demandèrent au petit frère de reconnaître son erreur et de partir à la poursuite de Bassanga pour lui demander pardon. 

Les deux frères se retrouvèrent dans la brousse, le cadet présenta ses excuses, celles du village, et demanda à Bassanga de revenir avec lui à Piella. Ce dernier, obstiné, refusa de retourner. Humilié par la méfiance des habitants de Piella, il ne reviendra jamais dans ce village où on l’a traité de menteur et de voleur. Il poursuivit son errance. La route que suivait Bassanga et sa famille était très difficile, jalonnée de fauves, de génies, de gens hostiles, de manque de nourriture et d’eau.

Un jour, alors qu’il subissait la chaleur et la déshydratation, qu’ils étaient sur le point de mourir de soif, Bassanga vit un iguane il le suivit. L’animal le mena jusqu’à une mare, le Bulkiemdé (le grand puits). Tous purent s’abreuver, et reprendre des forces. Bassanga décida d’installer sa famille autour de ce marigot, créa le premier lieu d’habitation de Koudougou, le village d’Issouka et fit de l’iguane un totem pour lui et tous ces descendants. 

 

 

Plus tard, au cours d’une chasse, Bassanga rencontra un autre chasseur qui prétendit être arrivé avant lui sur ce territoire. Après les salutations d’usage les deux chasseurs décidèrent de comparer le toit de leur case pour savoir laquelle est la plus vieille donc construite avant l’autre. Bassanga se rendit chez l’étranger examina la paille du toit puis amena l’autre chasseur devant sa propre case. Les deux hommes regardèrent le toit et Bassanga dit : « Foo né ti mam roôga kudg n yiida foo roogâ », (« Tu vois bien que ma hutte a plus vieillie que la tienne, en d’autres termes, que j’étais là avant toi »). 

 

Après avoir vécu très longtemps et avoir eu beaucoup d’enfants, Bassanga sentit qu’il allait mourir. Il appela un enfant pour qu’il soit témoin de la scène et puisse la raconter à toute la famille. Bassanga s’installa sous un arbre et disparut rapidement. Il se dissout dans la terre comme le sucre fond dans l’eau. Lorsqu’il eut entièrement disparu, que seul le bâton qu’il tenait à la main dépassa du sol, ce dernier se mit à pousser, et devint le baobab sacré qui est l’emblème de Koudougou. 

Lorsque l’on passe à proximité de ce baobab, on croit entendre des abeilles voler. Ce ne sont pas des abeilles mais des petits génies qui veillent sur l’âme de Bassanga qui repose dans le baobab…

 

Venez-vous faire conter l’histoire avec vivacité au palais du Chef d’ Issouka par Patric le conservateur du Musée RAYIMI